The Mocking Bird presents

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samedi, 13 mars 2010

The Ghost Writer et Les Chèvres du Pentagone

Scottish week avec Ewan McGregor, qui fait son retour en force après un léger passage à vide (quelques films dont on s'est empressé d'oublier l'existence...).

Ghost Writer

superAinsi donc, après I Love You Phillip Morris, le revoilà déjà, en tête d'affiche de The Ghost Writer, un polar signé Roman Polanski et sans doute le meilleur film du cinéaste depuis Le Pianiste. Dans ce film, Ewan McGregor est ghost writer, un "nègre" littéraire, qui écrit des livres à la place des autres. Comme condamné au secret de sa profession, on ne saura pas même son nom. Lui qui ne s'intéresse pas à la politique est embauché pour reprendre l'écriture de l'autobiographie de l'ancien premier ministre britannique Adam Lang (Pierce Brosnan), après que son prédécesseur ait mystérieusement péri noyé. Le voilà donc qui débarque sur une petite île battue par les vents au large de Boston, où Adam Lang vit retranché avec une équipe restreinte de collaborateurs, alors qu'une tempête médiatique s'abat sur l'ancien premier ministre sur fond de scandale irakien.

Ghost Writer

Atmosphère oppressante, personnages ambigües et caméra subjective, Polanski insuffle un tension palpable, et la peur du héros devient communicative. Dans cette grande maison isolée du monde, le mystère rode, et la parano n'est pas loin. Il y du Hitchcock et du Agatha Christie dans ce Ghost Writer.
Si le film aborde des sujets actuels et brûlants (Adam Lang fait forcement pensé à Tony Blair, lui même englué dans des scandales liés à la guerre en Irak) The Ghost Writer est avant tout un film noir dans la veine des grands classiques, loin des surenchères explosives de ces dernières années.


bienChangement de registre avec Les Chèvres du Pentagone (The Men Who Stare at Goats en VO). Cette fois jouant le journaliste Bob Wilton, parti soigné un chagrin d'amour en Irak, Ewan McGregor se retrouve une fois de plus embarqué dans une histoire qui le dépasse totalement.

Men who stare at goats

Le pitch de ce film est d'autant plus effarant qu'il est basé sur des faits réels : une section spéciale de l'armée américaine entraînant ses soldats pour qu'ils développent des pouvoirs paranormaux façon chevaliers Jedi, le plus sérieusement du monde : traverser les murs, localiser des gens à distance, être invisible, et... tuer une chèvres rien qu'en la fixant des yeux.
Bob Wilton donc, tombe sur Lyn Cassady (George Clooney), ancien soldat de cette Armée d'un nouveau genre, qui lui annonce qu'il a été réactivé pour une mission secrète. Les voilà donc sillonnant les routes irakiennes, pour un reportage pas comme les autres...

Men who stare at goats

Démarrant sur les chapeaux de roues, le film s'essouffle un peu dans la seconde moitié, mais est aussi l'occasion de savoureux numéros d'acteurs. En premier chef, George Clooney, dont c'est également le 3e film cette année prouve une fois de plus son talent comique. A ses coté, Ewan McGregor livre le pendant comique de son personnage de naïf dépassé par les évènement et parviendrait même à nous faire croire qu'il ne sait pas ce qu'est un Jedi. Sans oublier Jeff Bridges, en soldat hyppie fondateur du mouvement qui voudrait faire l'amour pas la guerre, et Kevin Spacey qui préfère faire la guerre...
Tout ce petit monde semble avoir pris un réel plaisir à faire ce film drôle et déjanté, sous la direction de Grant Heslov (aperçu dans True Lies), qui signe ici son premier long métrage. Et ce plaisir est communicatif.

Séance de rattrapage --- à 30 000 pieds au dessus de l'Atlantique.

Le Vilain, avec Albert Dupontel et Catherine Frot. Drôle et méchant. A voir !
Tempête de Boulettes Géantes. Film d'animation alimentaire inventif et drôle. à voir également.
Lucky Luke, avec Jean Dujardin, Michael Young et tout plein d'autres gens connus. euh... comment dire... grosse bouse même pas drôle.

mardi, 9 mars 2010

Exclusif ! Millenium 2 par Zébulon !

Eh oui ! Grâce à Zébulon, notre chère reporter venue du froid, voici en exclusivité mondiale française et en avant-première, la critique de Millenium 2 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette !!

Millenium 2

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millenium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée.
Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens, n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millenium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé. Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ?
S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ?

millenium2_9.jpg

Ce deuxième épisode de la trilogie Millénium est à ne rater sous aucun prétexte même si vous n’avez pas lu les livres. Comme j’ai la chance de vivre dans un pays scandinave, j’ai déjà pu voir Millénium 2 et 3 en suédois sous-titré norvégien. Pour compliquer les choses, j’ai lu le bouquin après avoir vu le film. Malgré ces handicaps, j’ai adoré le film. Le suspense du film est haletant, avec toujours cette froideur typique des Scandinaves. L’histoire est bien respectée par rapport au bouquin. Il n’y a que très peu de simplifications de l’histoire par rapport au livre. La vie de Lisbeth à l’étranger est très vite résumée au début du film et on rentre directement dans le feu de l’action. Le voile est peu à peu levé sur le mystère Lisbeth même si les plus grosses zones d’ombres ne seront expliquées que dans le troisième épisode. Le rythme du film est soutenu et en fait un très bon thriller. Malgré l’abondance des personnages et la vitesse à laquelle va le film, je l’ai trouvé très clair et prenant.
Les acteurs du premier volume sont tous là au grand complet. L’acteur choisi pour jouer le grand méchant blond est parfait : une brute avec un esprit légèrement dérangé… terrifiant ! L’acteur qui joue le papa de Lisbeth est un vrai sadique.

A voir dès sa sortie en France!

Zébulon.

sorties en France de Millenium 2 et 3 prévues respectivement les 30 juin et 28 juillet prochains

mercredi, 24 février 2010

Le Conseil de Pinocchio : Le Mac

Un film jubilatoire avec le duo Melki (en maffieux déjanté) et Garcia (en mac) en très grande forme.
Ne pas manquer le début du film, il y a une scène avec un rotweiller qui donne déjà le tempo. Les gags s'enchainent à une vitesse effrénée. La bande son est bien choisie. Mention spéciale à Carmen Maura qui joue la mère encore plus allumée que son fils(José Garcia/le mac).

Alors ne boudez pas votre plaisir, une franche rigolade vous attend avec cette comedie française très réussie sans être cultissime.

_ PINOCCHIO

dimanche, 21 février 2010

Fantastic Mr Fox et La Princesse et la Grenouille

superCharlie et la Chocolaterie, Le Bon Gros Géant, Mathilda, La Potion Magique de Georges Bouillon... Roald Dahl est sans conteste un des maîtres de la littérature pour enfants, et a sans aucun doute berçé votre enfance (si ce n'est pas le cas, rattrapez cette erreur tout de suite !)
Mais peut-être êtes vous passés à côté de The Fantastic Mister Fox (traduit en français sous le titre Fantastique Maître Renard). Parmi les plus courtes des oeuvres de l'auteur gallois, elle met en scène un renard voleur de poules, aux prises avec 3 fermiers bien décidé à éliminer ce dangereux malfrat à poils roux...
Wes Anderson, réalisateur de La Vie Aquatique et A Bord du Darjeeling Limited a su créer de films en films, un univers original et décalé, servant de décor à une exploration des relations familiales et des liens filiaux.
La rencontre de ces 2 univers semblait une évidence. Peut être parce que Fantastic Mr Fox fut le premier livre de Wes Anderson.

Fantastic Mr Fox

Le résultat est une grande réussite.
A l'opposé de la mode actuelle du tout numérique à l'animation perfectionnée et lisse, Wes Anderson choisit de revenir vers une des plus vieilles techniques d'animation : le stop-motion, ou l'animation image par image. Avec un rendu volontairement artisanal mais un sens du détail très poussé, le film colle parfaitement à l'imaginaire de Roal Dahl.
Tout en étoffant l'histoire originale et rajoutant ses propres préoccupations (notamment sur les relations Père-Fils), Wes Anderson sait ne pas trahir l'oeuvre de Roald Dahl, et tous les passages du livre se retrouvent dans le film. La folie douce d'Anderson en plus.
Un des autres atouts du film (à voir absolument en VO) est son savoureux casting de doubleurs 4 étoiles. George Clooney, Meryl Streep, Jason Schwartzman, Bill Murray, Willem Dafoe, Michael Gambon... Tous semblent avoir pris beaucoup de plaisir à ces séances de doublages pas comme les autres où ils jouaient réellement ce que faisaient leurs personnages (même si cela impliquait de creuser un trou pour de vrai).
Enfin, la musique, joyeuse et rythmée, est signée par le multi-récompensé Alexandre Desplat et contribue à cette ambiance festive de ce conte pour enfants - petits et grands.

Fantastique Maitre RenardFantastic Mr Fox

A gauche, Mr Fox tel qu'il apparait dans les illustrations de Quentin Blake, illustrateur attitré de la plupart des romans pour enfants de Roald Dahl. A Droite, le Mr Fox de Wes Anderson.


Pour continuer ce retour en enfance, voici une critique de La Princesse et la Grenouille, par The Lecturing Cat :

Contrairement à ce que laisse penser le titre - et les affiches à la Gare d'Austerliz -, "La Princesse et la Grenouille" ne se joue pas dans un royaume fort fort lointain il y a bien longtemps, mais dans la Lousiane de l'entre-deux-guerre, à la Nouvelle Orléans.
L'héroïne du film, Tiana, maintenant une jeune femme noire-américaine, n'épargne pas sa peine au travail - elle est serveuse - pour réaliser un rêve partagé avec feu son père : ouvrir un restaurant où respire la convivialité.
L'arrivée à la Nouvelle Orléans du prince Naveen de Maldonia - à qui ses parents ont coupé les vivres pour cause d'oisiveté -, va changer les choses, d'autant qu'une fête est organisée chez la riche Charlotte, une amie d'enfance de Tiana, qu'il ne laisse pas indifférente. Mais avant même que la soirée ne commence, Naveen est transformé en crapaud par l'inquiétant Dr Facilier et sur un malentendu, Tiana, qu'il rencontre lors de sa fuite, se métamorphose à son tour en grenouille. Les deux personnages n'ont d'autre espoir que de chercher de l'aide dans le Bayou, avant que les ombres ne les rattrappent, et ils sont bientôt flanqués de deux improbables adjuvants.

La Princesse et la Grenouille

Certes, il se trouvera dans le public maints adultes pour trouver la fin sans suspense - il y a quand même un mariage -, mais nous ne nous adressons pas à ces gens-là. Hormis l'incompréhensibilité de certains passages de chansons, j'ai bien aimé ce film (comme ma soeur, au rebours de son fiancé), sans qu'il soit pour autant comparable à "Shrek" (DreamWorks, 2001) ou "Cendrillon" (Disney, 1950), mais ne saurais pas argumenter mon jugement plus avant comme font les grands.

La Princesse et la Grenouille

The Lecturing Cat

lundi, 15 février 2010

I Love you Phillip Morris

Je crois que j'ai rarement attendu un film aussi longtemps... A tel point qu'au milieu du film, un flash, une scène que j'avais vu dans une première bande-annonce, il y a 2 ans facile...

I love you Phillip Morris

bienSteven Russel mène une vie sans histoire. Mari modèle, flic exemplaire... jusqu'au jour où il a une révélation et décide de vivre son homosexualité à plein temps... Il change de ville, de vie, et vit son bonheur à fond. Sauf que... être homo à plein temps, ça coute cher... Steven devient donc expert en arnaque. Ce qui le conduit assez rapidement en prison. C'est là qu'il va faire la rencontre de Phillip Morris. Le coup de foudre est immédiat...

Incroyable ? mais vrai ! Le film, réalisé par Glenn Ficarra et John Requa est adapté du roman éponyme qui raconte l'incroyable histoire de Steven et Phillip. A la fois drôle dans les péripéties et sincère dans les sentiments, sans tabous, le film ne manque pas d'audace. C'est sans doute la raison pour laquelle il a eu tant de mal à trouver des financements. Et ce, malgré de prestigieuses têtes d'affiche.
Pour incarner l'excentrique Steven Russel, rien de moins que Jim Carrey, qui trouve là un rôle parfaitement à sa mesure. Face à lui, Ewan McGregor, tout en charme et sourire en coin, incarne le doux et blondinet Phillip Morris.

Alors, cela valait-il le coup d'attendre ? assurément !

I love you Phillip Morris

ah une dernière chose pour ceux qui avaient des doutes... rien à voir avec Philip Morris !

Sumô - par Zazou

un petit coup de coeur de Zazou, notre zélée reporter !

Sumô

Ramlé, Israël. Herzl et quatre de ses amis ont un « petit » problème de poids, et tentent de se motiver via un groupe de soutien, qui n’a malheureusement pas d’effet sur eux, autre que de leur plomber le moral.
Ayant trouvé un nouveau travail dans le restaurant de sushis de M. Kitano (l’excellent Togo Igawa, vu dans Le Hérisson), Herzl découvre alors le monde des combats de sumos. Il se prend de passion pour ce sport et cette culture, dans laquelle les obèses sont hautement respectés. Il convainc alors ses amis de se lancer dans une aventure ambitieuse à ses côtés : monter le premier groupe Israélien de sumos, entraînés par son patron, un ancien arbitre. Chacun va alors se confronter à ses propres démons et apprendre à s’accepter tel qu’il est…

Un petit film qui a jusqu’à présent peu fait parler de lui, à tord ! Frais, léger (si l’on peut dire), drôle, tendre, ce film critique allègrement la dictature de l’apparence qui prévaut dans nos contrées et donne une bonne claque aux idées reçues de tous poils.
Un petit bijou de drôlerie inattendue, auréolé d’une très bonne bande son (qui n’est pas sans rappeler le style de Joe Hisaishi).
Courrez y !!!

Zazou

Sumô

mercredi, 10 février 2010

Invictus et Une Exécution Ordinaire

bienIl y a 20 ans tout juste, le 11 février 1990, Nelson Mandela sortait de prison après y avoir passé 27 ans. En 1993, il recevait le prix Nobel de la Paix et en 1994 devenait le premier président noir d'Afrique du Sud, après 43 ans d'Apartheid.

Lorsqu'il arrive au pouvoir, le travail qui l'attend est immense : construire une nation unie et non raciale. Mais comment réconcilier deux peuples qui se sont tant détestés ? D'un côté, les Noirs tiennent enfin leur revanche sur les Blancs, et sont bien décidés à leur rendre la monnaie de leur pièce. De l'autre, les Blancs, descendants de colons, passent subitement de minorité dominante à dominée.
Mandela a alors une idée incroyable : tirer avantage de la coupe de monde de Rugby 95 qui a lieu sur le sol Sud-Africain. Faire du Rugby, sport Afrikaaner par excellence, l'outil de la réconciliation entre les Blancs et les Noirs. Faire naître un sentiment nationaliste inter-racial. La Nation Arc-en-ciel.

Morgan Freeman as Mandela in Invicus

Plutôt qu'un biopic classique, c'est ce seul épisode qu'a choisi de raconter Clint Eastwood, pour rendre hommage à l'humanité et au génie de Nelson Mandela. Mélant petite et grande histoire, Invictus nous fait revivre cette coupe de monde de Rugby.
Clint Eastwood en grand conteur d'histoire, dose parfaitement histoires individuelles et enjeux collectifs, émotions et action, politique et sport.

Certains trouveront qu'il cède parfois à l'émotion facile (la visite de la prison) et que les matchs de rugby sont assez approximatifs. C'est vrai. Mais là n'est pas l'essentiel. Ce qui intéresse réellement Eastwood, c'est la personnalité de Mandela. Sa capacité à oublier ses ressentiments personnels, à pardonner, pour avancer. Et son grand sens politique.
Saluons à ce titre la prestation de Morgan Freeman, très sobre, mais qui en un geste, un sourire - ou une chemise - fait apparaitre ce Nelson Mandela que l'on connait tous.
Face à lui, Matt Damon incarne François Pienaar, capitaine de l'équipe de rugby sud-africaine, les fameux Springbox autour de qui va se cristalliser les espoirs de cette nouvelle nation Arc-en-ciel. Cette ferveur sportive, qui va naitre de cette compétition n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'esprit Black-Blanc-Bleur né ici de la coupe du monde de foot 98 (ça parait tellement loin maintenant...)

Traitant du même thème que Gran Torino, le précédent film d'Eastwood (et meilleur à mon goût), Invictus est en fait assez différent. Plus lyrique, plus classique, davantage consensuel aussi, c'est un film résolument optimiste. Clint Eastwood, ce grand conteur d'histoires, nous donne à espérer du genre humain. et ça fait du bien.

Invictus


et voici également une critique de Une Exécution Ordinaire, de Marc Dugain, signée de Zazou, qui se lance à son tour ! La famille des Oiseaux Moqueurs s'agrandit :-D

Quel est le vrai sujet de ce film ? Un film sur Staline, ou bien sur une femme qui tente tant bien que mal de survivre sous la dictature Stalinienne ? En 1952, Anna (Marina Hands), médecin urologue, vit avec son mari Vassili (Edouard Baer), physicien, dans un petit appartement à Moscou. Malgré le fait qu’Anna n’arrive pas à tomber enceinte, le couple est fusionnel et heureux ensemble, et heureusement, car la vie n’est pas simple. Entre les privations, l’oppression de la dictature et la menace permanente des dénonciations, les menaces proférées par les voisins, les insinuation des policiers, la jalousie des collègues et la pression libidineuse de la hiérarchie… Il ne fait visiblement pas bon être une belle femme, et qui plus est, avoir des talents de magnétiseuse qui attirent la faveur des clients dans l’hôpital public où travaille Anna. Et c’est précisément ce don qui va l’amener chez le plus improbable des patients, le Camarade Staline. Celui-ci, malade, a « renvoyé » ses médecins personnels, et s’adjoint les services d’Anna pour soulager ses douleurs.

une execution ordinaire

Anna sait alors qu’elle est condamnée, car le petit père des peuples a sa volonté propre, que personne « n’a le niveau pour comprendre », et comme il le dit lui-même, « les hommes doivent accepter qu’à tout moment, sans raison précise, on puisse les ramener à cette forme absolue de modestie qu’est la mort ». Anna ne peut rien faire pour se protéger de l’emprise fabuleuse du tyran, capable d’asséner les pires horreurs à Anna entre deux confidences sur le caractère du premier ministre anglais et les films américains.

Ce film nous a laissé une grande impression de malaise. Personnellement, j’ai moyennement apprécié le style « caméra à l’épaule », mais c’est un détail.
Je n’avais jamais vu de film avec Marina Hands. Mais j’aurais préféré qu’elle ne parle pas du tout…pour moi, ses paroles sonnent vraiment faux. Ma voisine a aussi trouvé que la demoiselle jouait mal… On en a mal à la mâchoire pour elle de la voir aussi crispée tout le temps, mais cela va avec le personnage.

une execution ordinaire
Edouard Baer est étonnant en mari voué entièrement à son épouse et qui subit sans broncher toutes les injustices qui lui tombent dessus.

Mais l’intérêt du film est ailleurs… Joseph, bien sûr, qui, bien qu’il n’apparaît pas si souvent que ça, hante littéralement le film. A la fois monstrueux et tellement humain, protecteur et cruel, il impose son autocratie à toute une nation, et cette chape de plomb est parfaitement rendue par l’atmosphère oppressante qui règne pendant tout le film. Je n’ai pas arrêté de bouger sur ma chaise, tout comme mes voisins d’ailleurs… Le film instaure un sentiment de malaise permanent.
André Dussolier est méconnaissable en Staline, si l’on omet sa voix si reconnaissable, il EST réellement Staline. Une très belle performance d’acteur.

Au final, Une Exécution Ordinaire est un film à ne pas aller voir en cas de coup de blues, qui ne restera pas forcément dans les annales, mais qui ajoute une corde en plus à l’arc de Dussolier, parfait en méchant absolu à l’intelligence affûtée (cela remplacera l’impression très moyenne laissée par les Herbes Folles, dirons nous…).

A noter aussi pour les mélomanes, l’apparition de Tom Novembre en dirigeant d’hôpital bienveillant.

Zazou.

lundi, 8 février 2010

Sherlock Holmes - par Zébulon

Notre correspondant Zébulon nous envoie son avis - très tranché - sur Sherlock Holmes de Guy Ritchie :

Aucune énigme ne résiste longtemps à Sherlock Holmes... Flanqué de son fidèle ami le Docteur John Watson, l'intrépide et légendaire détective traque sans relâche les criminels de tous poils. Ses armes : un sens aigu de l'observation et de la déduction, une érudition et une curiosité tous azimuts; accessoirement, une droite redoutable... Mais une menace sans précédent plane aujourd'hui sur Londres : une série de meurtres rituels ensanglante Londres. Holmes et Watson réussissent à intercepter le coupable : Lord Blackwood. A l'approche de son éxécution, ce sinistre adepte de la magie noire annonce qu'il reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances. La panique s'empare de la ville après l'apparente résurrection de Blackwood. Scotland Yard donne sa langue au chat, et Sherlock Holmes se lance aussitôt avec fougue dans la plus étrange et la plus périlleuse de ses enquêtes...

Sherlock-Holmes-movie-02.jpg

A la lecture du résumé, on se dit, oui bon allons voir… eh bah non n’y allez pas !!! Un massacre ! Des vrai Sherlock Holmes et Watson et des livres de Conan Doyle, il ne reste que les noms des personnages. Une énigme à dormir debout (Conan Doyle a dû se retourner plus d’une fois dans sa tombe), des explosions à gogo, Holmes qui se bat comme un pro du karaté et qui tombe AMOUREUX (!!!)… Certes la relation de complicité entre Holmes et Watson est là mais Holmes passe pour un asocial, limite fou. Robert Downey Jr n’est pas vraiment convaincant dans le rôle de Holmes. Guy Ritchie devrait être banni d’Angleterre pour un film pareil. A mes yeux, Sherlock Holmes fait partie des sujets que l’on ne peut pas traiter n’importe comment. Eh bah là c’est du n’importe quoi …

édit : J'ai oublié de dire dans mon flots de critiques que la musique du film est très bien :)

Zébulon

merci Zéb' ! ;-)

vendredi, 29 janvier 2010

In the Air

superRappelez-vous de votre dernier voyage en avion... L'aéroport. Les gens, la douane, la grosse valise, enlevez vos chaussures, ouvrez votre sac... Un vrai parcours du combattant. Et pourtant, c'est là que Ryan Bingham (George Clooney) se sent chez lui. Passant quelques 320 jours dans les airs, il est devenu maître en l'art de voyager. Sans attache, sa vie tient dans un bagage cabine et il en est fier. Son but ultime : atteindre les 10 millions de miles... Et son boulot ? virer les gens. Engagé par des patrons trop poltrons pour assumer eux-même le sale boulot, Ryan s'emploie à transformer la perspective morose du nouveau chômeur en opportunités. S'il y a bien une boite qui se réjouit de la crise, c'est donc celle qui emploie Ryan.... Détaché mais pas déshumanisé, Ryan va faire la rencontre d'Alex (Vera Farmiga), son alter-ego au féminin, pour un flirt entre deux avions.
Mais cette petite existence bien huilée va se gripper avec l'arrivée de Nathalie (Anna Kendrick), jeune collègue aux dents longues de Ryan. Pourquoi tous ces trajets en avion quand la visio-conférence suffit ? Pour ne pas rester clouer au sol, Ryan se voit alors forcé de démontrer le bien fondé de son travail en emmenant Nathalie.

In the Air

Jason Reitman avait fait un début remarqué derrière la caméra avec Thank You for Smoking. Passé directement dans la cour des grands, il récidive en 2007 avec Juno. In the Air est son troisième long-métrage et confirme tout le bien qu'on pensait de lui. Tour à tour drôle, cruel ou touchant, le film passe de la comédie sociale féroce à une réflexion plus sentimentale, toujours avec ce ton qui caractérise le cinéma de Reitman.

Un atout majeur de ce film est sans conteste, et en toute objectivité, George Clooney. Jouant de son image d'éternel célibataire, assumant pleinement son âge, il nous offre une de ses plus belles performances. Tout en charme et délicatesse, il parvient à nous faire aimer ce personnage pourtant assez antipathique sur le papier. (je tiens à préciser que ce n'est pas une vue de mon esprit, les réactions de la salle était très claires là dessus ^^).
Vera Farmiga, toute en séduction, et Anna Kendrick, pleine d'aplomb du haut de ses 24 ans, ne sont pas en reste.

In the Air

Tourné au moment où explosait "la crise", le film rend également hommage aux vrais licenciés, en leur donnant la parole en ouverture et fermeture de son film. Leur discours, en décalage avec le ton du film, nous rappelle brusquement que ce qui est drôle au cinéma ne l'est pas forcément dans la vraie vie.

Le film a reçu 6 nominations aux Golden Globes et aux Oscars dans les plus prestigieuses catégories et elles sont amplement méritées : Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur adaptation, meilleur acteur, meilleurs second rôles féminins (et oui, Vera et Anna sont en compétition l'une avec l'autre ^^)

(juste pour le plaisir ;-) ) In the Air

dimanche, 24 janvier 2010

Mr Nobody et A Serious Man

Désolée pour le retard. le serveur avait crashé, puis j'ai été un peu occupée, et ma connexion est pas une flèche... Me voilà avec 3 films de retard ! Au menu ce soir, Mr Nobody, et A Serious Man.

Mr Nobody

euh...Mr Nobody est un film belge de Jaco van Dormael (Le Huitième Jour). Tenter d'écrire "de quoi ça parle" est un sacré défi. C'est l'histoire d'un garçon de 9 ans, Nemo Nobody, qui sur le quai d'une gare, doit faire le choix impossible de partir avec sa mère ou de rester avec son père. C'est aussi l'histoire du dernier mortel sur Terre (le même Nemo Nobody), qui s'apprête à fêter son 118e anniversaire. Ce qui est l'occasion pour lui de raconter son histoire. Histoire quelque peu embrouillée et contradictoire... Elise, Anna, Jeanne, laquelle choisir ? laquelle a-t-il choisi ?
2 parents, 3 filles. Autant de possibilités, d'histoires à explorer. Nemo nous emmène de l'une à l'autre, revient en arrière quand il se retrouve dans un cul de sac, ou finalement choisi d'explorer tout même cette situation.

Mr Nobody

Au début, c'est intriguant. amusant. Y a-t-il une part de vraie, Nemo a-t-il tout inventé ? ou juste tout oublié ? on essaie de trouver une certaine logique dans tout ça. le problème c'est qu'on en trouve pas. Au delà même du récit, c'est le concept même du film qui se contredit. On nous dit que Nemo a été oublié par l'ange de l'oubli et qu'il sait tout de son destin. Alors pourquoi étudier tous ces choix ? D'autant plus que tous ces choix s'avèrent plus ou moins mauvais, et que ça vie ne sera pas drôle de toute façon.... Cette tendance à la déprime et à la catastrophe rappelle en cela L'Effet Papillon. Du coup, on finit par se lasser, se demander où on va... s'il avait duré 1h30, le film aurait laissé une bonne impression. mais il dure 2h17 et on est finalement content (même si surpris) qu'il n'y ait pas de générique...


A Serious Man

bienA Serious Man, de Joel et Ethan Coen, est un film tout sauf sérieux. S'inspirant de leur propre éducation, ils plantent cette fois le décor dans une banlieue juive d'une ville du Midwest américain. Les frères Coen aiment particulièrement les héros pas très malins, vite dépassés par les évènements. Ils racontent ici les mésaventures de Larry Gopnik (Michael Stuhlbarg), professeur de physique. Trompé par sa femme, qui lui demande un "Duet", divorce religieux dans les règles, menacé par un élève mécontent de ses résultats qui tente de le faire chanter, et son frère (Richard Kind), du genre inadapté social, qui fait des siennes... complètement dépassé donc, Larry va demandé conseille à différents rabbins... dont les conseils s'avèreront aussi mystérieux qu'inefficaces... l'humour chez les Coen, loin des grosses blagues potaches façon Very Bad Trip, vient souvent de l'absurde des situations, du décalage entre les personnages et le monde dans lequel ils évoluent (ou n'évoluent pas). A la fois bienveillants envers leurs protagonistes, mais aussi un brin sadiques, les 2 frangins semblent prendre une réel plaisir (communicatif) à leur créer des problèmes...
A Serious Man

Pas forcément le plus abordable Coen, ce film gagnera à être revu, rien que pour savourer leur sens du détail, des costumes ringards aux décos absurdes ou juste moches...
Un seul bémol, la fin un peu courte...

une petite anecdote pour les initiés : une savoureuse apparition en Rabbin Junior de Simon Helberg, alias Wolowitz dans The Big Bang Theory !

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